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Christian Rosenkreutz is dead

Christian Rosenkreutz is dead

Christian Rosenkreutz is dead
Mis en ligne le dimanche 3 juin 2007 ; mis à jour le lundi 10 septembre 2007.

Publié dans le numéro II (mai 2007)

« Putain de Fils de Pute d’Asphalte de merde ! »

Beyoncé Knowles venait d’exploser son talon haut en trébuchant sur l’allée alors qu’elle garait sa Mercedes. Elle avait rendez-vous avec Prince dans un dinner excentré sur les collines de Hollywood et s’accorda deux minutes de jurons de charretier, histoire de ne pas se sentir en manque devant son Tofu-Burger et son Soja-Cola. C’était son premier rendez-vous depuis cette pathétique soirée des Grammy Awards de 2004 où ils n’avaient pas beaucoup brillé durant leur medley... Mais Miss Knwoles, qui avait fait une apparition de corps dans un minijupe beaucoup trop rose pour être honnête, avait un hidden agenda. Faisant par trois fois un petit bond en arrière (ce qui, dans une ancienne tradition moldo-valaque, signifie : « l’homme ici présent est un ennemi »), elle avait tentée de prévenir les initiés qu’il ne s’agissait pas de Prince à ses côtés, mais d’un double. Prince avait été remplacé pendant l’enregistrement de l’album Lovesymbol, et c’est ce qui expliquait l’insignifiance croissante de sa musique, comme le fait qu’il ne pouvait pas avoir d’enfant. Personne ne s’en était rendu compte, sauf Beyoncé, qui n’avait pas encore été complètement démolie par les stages de reconditionnement du Kabbalah Center et, pour cela, avait été recruté pour un job d’infiltration par la Fraternité de la Rose-Croix. Il y avait un moyen très simple de vérifier son intuition : poser au répliquant des questions sur l’Europe, ou placer le nom de Rosenkreutz au détour d’une conversation... L’agent Knowles était inquiète : elle savait que la « Prophétie » avait été envoyée par un saboteur, il y a un mois de cela, à tout Washington. Elle concernait la France, ses prochaines élections, et elle était effrayante...

Le sosie en face d’elle observait ses frites d’un regard froid et inexpressif.

- Tu connais un motherfucker du nom de Rosenkreutz, darling ?

- Hey Beyoncé.

- Tu connais ? Rosenkreutz ?

- Christian Rosenkreutz is dead, ma chérie d’amour, babe.

Beyoncé se leva et s’excusa en prétextant aller prendre un rail de coke aux toilettes. En réalité, elle se contenta de se recoiffer en grognant et en insultant la moitié du genre humain. C’est alors que Elvis lui apparut, dans son costume astral : « Ne pose jamais de questions dont tu connais les réponses, Beyoncé  : contente-toi de t’enfoncer dans le silence de l’asphalte... »

Au retour, l’homme connu autrefois sous le nom de Prince n’avait pas touché une seule de ses frites.

- Hey babe, lui dit-il.

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