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Publié dans le
numéro VIII (mars-avril 2008)
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vert, pas mûr,
Voici donc la troisième peau du Tigre : ce n’est plus un tigre, c’est un caméléon. Un peu de couleur et d’aération dans la maquette (a priori pas de quoi effaroucher ceux de nos lecteurs qui nous ont suppliés de ne pas céder aux sirènes de la presse à grand tirage), des mots plus gros (a priori de quoi satisfaire nos lecteurs myopes et hypermétropes), un incroyable cahier de huit pages (L’Almanach) et des nouvelles rubriques, soit un total de 104 pages, le tout au même prix, et toujours, bien sûr, sans publicité — si ce n’est des vraies-fausses pubs de style pompidolien. Voilà pour cette nouvelle allure qui se résume en un changement de substantif : Le Tigre est dorénavant un curieux magazine curieux, affirmant plus que jamais sa volonté de faire de la presse magazine de façon... curieuse, étonnante, rêveuse, rigoureuse, raisonneuse, ironique, sauvage, bête aussi parfois — hélas.
Pour la petite histoire, sachez que c’était la tête et les fesses de Gérard de Nerval qui devaient orner la couverture, en réponse (parité oblige) au postérieur nu de Simone de Beauvoir ayant fait la une de l’un de nos confrères — lequel prétextait honorer le centenaire et non chercher le scandale (nous, c’était le bicentenaire, l’excuse). Il reste dans le présent Tigre des traces de cette idée : des citations de Nerval disséminées ici et là, et puis la couleur de la couverture : car Nerval faisait la conversation chaque matin à des perroquets.
Enfin, pour les amateurs de bizarreries, sachez que Le Tigre, depuis l’an dernier, fait l’objet d’une double numérotation incongrue : puisqu’il rugit en kiosques depuis sa création (en 2006, en tant qu’hebdomadaire), ce numéro-ci correspond à son vingt-quatrième, et en librairies depuis sa formule mensuelle (2007) qui a connu sept volumes (numérotés en chiffres romains). On aurait pu réunifier les deux numérotations (pour des raisons légales, la première est obligatoire), mais cela aurait été trop simple. Vous avez donc entre les mains le volume VIII / numéro 24 du Tigre, dit familièrement « le 8 ». Et que l’on a un peu hésité à appeler le n°1. Et que l’on a un peu hésité à appeler le n°1, mais qu’on appelle plus familièrement encore le « vert perroquet », ajouta le perroquet.
— Tais-toi, Coco.