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Wittgenstein

Wittgenstein

Wittgenstein
Mis en ligne le mardi 26 juin 2007 ; mis à jour le vendredi 13 avril 2007.


Ludwig Wittgenstein vient au monde en 1889, treize ans avant le suicide de son frère Hans, quinze ans avant le suicide de son frère Rudolf, vingt-neuf ans avant le suicide de son frère Kurt. Encore tout jeune, déjà pratique, il construit une machine à coudre ; en 1908, il joue au cerf-volant en compagnie de son ami Eccles, à Manchester : il s’est inscrit à une école d’ingénieur en aéronautique. Entre 1911 et 1913, à Cambridge, où il poursuit ses études, il a coutume de débarquer à minuit chez Bertrand Russel, puis de marcher de long en large, en silence, pendant des heures : il affirme penser à ses péchés et à la logique. Pour se changer les idées, il participe aux régates : dans la barque, John Maynard Keynes et Virginia Woolf. En 1913, c’est l’ermitage en Norvège, dans une cabane, d’où sortira son livre par fragments. En 1914, il s’enrôle volontairement pour le front est ; il répare le projecteur d’un bateau pris aux Russes sur la Vistule ; il est fait prisonnier, il embrasse la foi catholique, il envisage de devenir prêtre ; après la guerre, il abandonnera sa fortune à ses frères et sœurs, du moins ceux qui restent. En 1923, il part faire l’instituteur en province, à Puchberg, puis Otterhal en 1924 ; mais en 1926, il occupe le poste de jardinier à Hütteldorf. De 1926 à 1928, il construit entièrement ou presque une maison pour sa sœur. En 1929, on le croise à nouveau à Cambridge, où il obtient on doctorat ; quatre ans plus tard, il est nommé « Fellow » au Trinity Collège. Il va souvent au cinéma voir des films américains, essentiellement des westerns, ou encore les claquettes de Fred Astaire et de Ginger Rogers, assis au premier rang ; il lit les romans d’Agatha Christie. Il admire l’actrice Betty Hutton, et voudra la rencontrer lors d’un voyage aux U.S.A. On raconte qu’il fait la vaisselle dans la baignoire ; on dit aussi qu’il aime Brahms et que sa culture musicale s’arrête avec lui : il déteste Wagner, il désapprouve Mahler, il ignore tout de Schönberg ; vers 1940, il déclarera être étranger à la musique moderne. En 1949, il est atteint d’une grave maladie, aux reins ; du coup, il réfléchit sur la certitude. L’une de ses dernières paroles à un ami est N’arrête jamais de penser, quoi qu’il arrive - mais son dernier mot pour la postérité est Dites-leur que cette vie a été pour moi merveilleuse. Il y avait sept pianos dans la maison des Wittgenstein, à Vienne.

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